La folie des hommes est aberrante quelques fois et c'est le c½ur lourd que je ressors du camp, alors que beaucoup d'autres n'en sont jamais ressortis car ils avaient commis le crime de vivre ou de tout simplement naître. 51 684 morts...
Beaucoup d'encres a coulé sur cette période de notre histoire mais je crois que même le pouvoir des mots ne peut rapporter les horreurs qui ont été accomplies. De plus, une question persiste dans ma tête : Comment aurions-nous réagit à leur place ? Aurait-on résister au nazisme ou aurait-on collaboré ? Je l'espère sincèrement, mais quand on voit l'ampleur qu'a pris l'extermination des Juifs ou encore des Tsiganes, pourquoi tant de personnes ont suivit le mouvement ? Par peur d'être tué à leur tour ? Par conviction ?
Une autre phrase reste gravée dans ma tête : C'est notre histoire. Et c'est la honte qui s'insinue dans tout mon corps. La honte d'appartenir à ce passé...
« Ceux qui admireront la beauté naturelle de ce sommet ne pourront croire que cette montagne est maudite parce qu'elle a abrité l'enfer des hommes libres. Pourtant, c'est là, dans ce décor mouvant aux caprices des heures et des saisons tantôt étincelant de lumière, tantôt disparaissant dans le brouillard, tantôt balayé par les vents, tantôt recouvert d'un linceul de neige, que s'est joué un des actes de la tragédie de la Déportation. Seule la nature, comme suprême consolation, a permis aux mourants l'ultime vision d'une éternelle grandeur. »
Léon Boutbien, déporté français.
Synthèse d'histoire, Le camp de Natwiller-Struthof